– ARTISAN : « Vous avez quelle surface ? »
– NOUS : « Ben justement, on ne sait pas vraiment, on a pas encore les cotes »
– ARTISAN : « Vous devez bien avoir une idée quand même ? »
– NOUS : « Ben… »
Pour toutes les démarches imaginables autour d’une rénovation, vous allez très rapidement avoir besoin des cotes :
- Pour demander des devis ? Les cotes !
- Pour savoir si vous avez besoin d’un architecte pour le permis de construire ? Les cotes !
- Pour vous faire une idée de comment dimenssionner l’éléctricité ? Les cotes !
- Pour préparer un budget crédible ? Les cotes !
- etc. etc.
Dès que possible, une fois décidé sur la maison, prenez des mesures. Cela demande quelques dizaines de minutes, et ça permet d’avancer sur plein de dossiers ! Pour commencer, vous n’avez pas besoin non plus d’avoir des mesures au milimètre, un ordre d’idée vous permettra déjà de savoir où vous allez. Pas besoin d’investir dans un télémètre laser (ça coute un bras ces machins là). Tout ce dont vous avez besoin, c’est :
- un décamètre (ou mieux, un double décamètre). Il y en a à partir de 5€ chez les grandes enseignes de bricolage
- un mètre enrouleur classique de tout bricolo (c’est quand même plus pratique pour prendre des mesures de fenêtres)
- une équerre de maçon
- un baton de Gerbert… Mieux vaut vous entrainer à l’utiliser afin que vos mesures soient plus fiable, mais ça donne déjà une bonne idée ! Pour en fabriquer un, 15 minutes, deux bouts de bois et un peu de soin feront largement l’affaire !
Pour ce qui est du décamètre et du mètre ruban, point besoin de s’attarder sur le fonctionnement de l’outil. L’équerre de maçon, nous l’avons utilisé pour prendre les mesures avec le baton de Gerbert, quand à ce dernier, nous l’avons fabriqué avec 2 morceaux de palette, ça fonctionne très bien !
Il s’agit d’un ancien système de géomètre. Il est attribué à Gerbert d’Aurillac (945-1003), également connut sous son nom de pape Sylvestre II, mais très probablement que les géomètres de l’antiquité utilisaient des dispositifs similaires tellement son fonctionnement est simple et efficace. Le principe est de reporter des distances verticales à mesurer sur un plan horizontal, que l’on peut alors mesurer avec un décamètre sans se fatiguer à installer un échaffaudage. Vous pourrez alors avoir une petite pensée émue pour vos profs de math du collège : leurs efforts pour vous inculquer les rudiments de la géométrie n’auront pas été vains, ils vont vous servir à mesurer votre maison ! Pour en construire un, il vous suffit de deux bouts de bois que vous assemblez comme indiqué sur le schéma ci-dessous :

L’équerrage entre les deux morceaux de bois est capital. La dimension des deux parties indiqués « X cm » n’est pas bloquante, il faut juste qu’elles soient strictement de la même taille. Les deux bouts de bois doivent matérialiser un triangle rectangle isocèle parfait (quand je vous parlais de vos cours de géométrie de 5ème). La dimension de la partie basse du baton « 1 m » quant à elle n’est pas capitale, c’est juste plus pratique lors de la mesure.
Pour prendre votre mesure, il faut poser le baton bien à la verticale (d’où l’équerre de maçon), et de manière à aligner les deux extrémités de visée de l’outil (points A et point B sur le schéma en rouge) avec le point sur la facade dont vous voulez mesurer la distance au sol. Lorsque vous avez la chance, comme nous, d’avoir un toit à 45°, vous pouvez même faire deux mesures d’un coup (si, lorsque vous visez le point bas de votre toit, le point haut est également aligné avec vos points A et B, bingo vous avez gagné, vous connaissez également l’angle de votre toit).

Les mesures faites au sol vous permettront alors de déduire les hauteurs comme indiquées sur le schéma. Si votre toit ne fait pas un magnifique angle de 45°, vous êtes quitte pour faire deux mesures et un peu de géométrie !
Dernière remarque : il est plus simple et plus précis de mesurer l’ensemble d’un pignon et de diviser la valeur par deux que d’estimer, au pif au mètre, l’endroit où devrait se situer, environ, la moitié.
