Extrait du Cerfa N° 13406*03 – Demande de permis de construire d’une maison individuelle
4 – Caractéristiques du projet
4.1 – Architecte
Le recours à un architecte (ou un agréé en architecture) est obligatoire. Toutefois, vous pouvez vous en dispenser si vous êtes un particulier et que vous déclarez vouloir édifier ou modifier pour vous-même :
– une construction qui n’excède pas 170 m2 ;
– l’extension d’une construction existante après travaux au-delà de 170 m2.
Avant de commencer les travaux, il faut définir son projet. Pour définir son projet il faut savoir d’où l’on part. Dans le cas d’une maison ancienne (c’est le cas ici), aucun plan n’est disponible, le cadastre n’est pas à jour (bâtiments manquants, parcelles en cours de mise à jour). Mais, c’est aussi le moment où vous établissez le budget de votre rénovation, budget = devis = demande plus ou moins précise. Et très vite sans plan de l’existant et du projet, vous tournez en rond. Nous avons demandé aux actuels propriétaires, de passer deux après midi dans la maison pour y prendre des mesures détaillées.
1ere tentative
D’abord de tête puis à partir de photos, j’ai fait ces dessins d’élévation des façades. Cela m’a permis de mieux maîtriser l’emprise au sol du bâtiment, qui est composé de plusieurs espaces qui ont été ajoutés au fil des années.
Lors de la contre visite, nous avions pris des mesures au décamètre, je les ai reportées ce qui permet d’avoir une première vision de l’espace et des volumes. Certaines de ces mesures ont été très utiles pour des premières demandes de devis.
En revanche, nous n’avions pas tout noté à l’extérieur : oubliant certaines fenêtres, des espacements, … et nous n’avions pas mesuré l’intérieur. Or si on peut calculer la surface d’emprise au sol d’un bâtiment depuis ses mesures extérieures, pour mesure l’intérieur il faut soustraire murs, encadrure de fenêtres et cloison. Nous ne connaissions pas l’épaisseur des murs.
Il nous a très vite manqué un plan des pièces, avec position des ouvertures (portes et fenêtres), épaisseurs des murs, pour prévoir notre futur aménagement et faire les plans éléctriques et de plomberie (entre autre).
Les conseils du pro
Pour ces demandes de devis et prévoir l’aménagement, les façades sont loin d’être suffisantes. Nous avons besoin de plans, c’est à dire de la vue du dessus. Elle inclue un bon nombre d’indications, comme les épaisseurs de murs, positions des fenêtres, pour tous les étages, avec toutes les nuances. Je sais par exemple que les murs porteurs n’ont pas la même épaisseur au rez-de-chaussée ou au grenier de la maison.
Nous n’avions jamais fait de relevé sur le terrain et avons la chance d’avoir un ami architecte expérimenté dans le domaine. Voici les petites astuces que nous avons apprises, qui peuvent aider les plus novices :
- Commencer par une façade simple : un seul étage
- Faire les mesures dans plusieurs sens ( de gauche à droite, puis dans l’autre sens)
- Noter précisément la limite des mesures
- Utiliser toujours la même unitée de mesures
- Etre systématique : prendre les pièces de la même façon pour ne pas oublier un élément
- Utiliser des points de repères
Les mesures extérieures
Un architecte prend ses mesures en plans. N’étant pas architecte et ayant peu l’habitude de ce type de prise de mesure, j’ai continué de dessiner les façades. J’ai mis en place un système de notation qui m’est propre mais que je sais lire et relire.
Le but est vraiment de noter toute ce qui est mesurable, de la droite à la gauche, de la gauche à la droite. Il faut donc trouver des astuces pour avoir une notation qui ne devienne pas un brouillon géant et illisible.
J’ai pris l’option de faire des dessins et d’ajouter dessus les mesures. Un trait droit, avec une borne de chaque côté, toujours en mètres.
Nous avons aussi (comme sur le dessin) pris des mesures des distances, à partir d’un même point, dans les deux sens, mais aussi entre chaque point. Il y a une marge d’erreur lors de la prise de mesure. Plus la distance est grande plus on risque de louper sa cible avec le mètre laser. Sur une petite distance, le mètre ruban est plus facile à utiliser. Il vaut mieux avoir trop de mesures que pas assez !
Noter aussi les formats des ouvertures : hauteur, largeur, profondeur. Et tous les petits détails.
Pour l’encadrement de porte détaillé en plan, on voit bien qu’il ne s’agit juste d’un mur avec une épaisseur fixe.
Un petit débord part du mur extérieur et continue ensuite en diagonal. Le dessin de droite représente le découpage de l’épaisseur du mur.
Les hauteurs sont aussi à mesurer. Nous avions abordés précédemment la technique « scout » que nous avions utilisé. Nous avons repris le même principe mais avec un mètre laser. L’idée est la même : la trigonométrie. En mesurant la distance entre les points, on peut déduire la distance manquante (la hauteur d’un bâtiment). Ces mesures seront utilisées sur les élévations finales qui iront avec les plans.
Les mesures intérieures
A l’intérieur des pièces, là aussi, ne pas hésiter à trop en faire.
Prendre les mesures de longueur ou largeur d’une pièce en plusieurs points.
Exemple les longueurs sont calculées par les points en violet. Les largeurs sur les points oranges.
Noter aussi les diagonales (vert et bleu). Si elles sont moins précises lors de la prise de la mesure, elles permettent de vérifier que la proportion de la pièce est la bonne et que l’angle des murs est correct.
A noter aussi les informations sur les fenêtres, position par rapport à la pièce, hauteur par rapport au sol (allège, noté al. sur le dessin), épaisseur du mur à cet endroit (ne pas hésiter à faire un plan comme celui de l’encadrement plus haut).
Les diagonales des pièces permettent de garantir les volumes, mais les pièces sur le dessin, comme dans la vraie vie, sont reliées les unes aux autres. On va donc aussi noter des diagonales intérieures, en plaçant des points de repère. Ces points sont des éléments visibles entre les deux pièces et qui vont permettent de placer dans l’espace les pièces sur le plan.

Idéalement il faut noter toutes les épaisseurs, sur ce dernière dessin, seules les cloisons intérieures sont définies, pour simplifier la notation.
Dans tous les cas, ces dessins sont des notes de travail et ne seront pas vos plans définitifs, faites autant de dessin de besoin, plusieurs fois la même pièce, changez de couleur, … le but est d’être à l’aise avec les chiffres lors de la relecture et de la construction du plan final.
Position sur le terrain
Dans notre cas, la maison n’est pas seule, elle dispose d’extensions. Mais peu importe, il faut la placer par rapport à son terrain, au bord de la route, à l’entrée du jardin, … Pour cela on utilise encore des points de repères, qui vont permettre de valider la position générale du plan sur son terrain.
Les plans du cadastre peuvent être un bon point de départ pour le plan final, à condition qu’il soit presque à jour.
On va noter ici des distances avec des points extérieurs à la maison (oranges) pour lesquels on pourra comparer les distances. On mesurera aussi la distance entre ces points. Avec ces mesures on est capable de placer la maison sur le terrain avec tous les petits éléments hors de l’intérieur : un auvent, une véranda, une terrasse, une boite à lettres, …
La création des plans
A partir de ces relevés, vous devriez avoir toutes les informations pour faire les plans. Toujours grâce à l’aide de notre ami et du logiciel Autocad, l’atelier « plans » a commencé.